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samedi 17 avril 2010

Escapade à Ozouri

Ce week-end, brève découverte d'Ozouri. Connu pour être le premier champ pétrolifère onshore exploité au Gabon, la zone est située en bordure Sud de l'île Mandji. Mais notre but est bien loin des combinaisons oranges qui s'agitent autour des oléoducs.
Une escapade rapidement improvisée autour d'un Pajero, d'une grève et d'un campement. Le 4x4 est une faveur envers les VIE du numéro un de la Finance en partance vers l'extrême Sud du continent pour deux semaines de congés. "Trop d'expatriés" dénonce le mouvement social mené par l'ONEP (l'Organisation Nationale des Employés du Pétrole). Pour prévenir tout risque de dérapage ce vendredi, la Direction a prié les français de quitter prématurément les locaux. Enfin, quelques chambres en dur érigées sur la lagune qui sépare l'embouchure de l'Ogooué et l'Atlantique permettent aux touristes d'un soir d'admirer les puissantes vagues océaniques.
Nous partons à deux. Comme à l'accoutumée, vérification du véhicule. C'est sûr, on se sent beaucoup plus rassuré à voyager à bord d'un tank tout confort en comparaison à feue ma citadine noire. Les pneus sont contrôlés à 2 bars, on peut passer au kit de survie : bouteilles et P'tit Lu.
Le patron du campement nous attends pour ouvrir la route à travers les innombrables pistes de sables. Jusqu'à N'tchengué, je connais. Route défoncée, bas côtés de terre rouge aménagés par le passage des roulants. Puis, à l'approche des cuves désaffectées de Total, le sable vainc les derniers vestiges de goudron.
Suit une bonne trentaine de kilomètres entre sable, trous d'eaux et passages en végétation dense... Ca glisse, ça dérape, ça cale, ça éclabousse ! A sentir le comportement des quatre roues motrices, je comprends l'entrain des expatriés pour les rallyes à tout va. C'est sûr ça change du centre-ville !
Plusieurs intersections à suivre le 4x4 de tête, et toujours le billet première classe entre climatisation, radio, siège enrobant et amortisseurs tout terrain. C'est dingue, ça passe vraiment partout ces machins ! La pilote du Pajero, VIE d'une semaine, guette les moindres signes de main de notre guide à travers sa fenêtre. Deux doigts, seconde. Trois doigts, troisième. Molo-molo, on s'arrête !
Garés sur la rive, pieds à terre, nous traversons l'embouchure sur une pirogue pour découvrir le camp aménagé sur une lagune large de 500 mètres. Trois petits pas sur le sable de la façade atlantique, couché de soleil, et puis s'en vont. La pénombre tombante, les plateformes flamboient à l'horizon pour nous rappeler l'importance du secteur pétrolier au Gabon. Au-dessus, un ciel étoilé dans la nuit naturelle que le groupe électrogène peine à percer.
Après un sommeil à la chaleur étouffante rythmé par le fracas des vagues sur la plage, l'heure du départ sonne à la matinale sous une couche nuageuse. Nous reprenons la pirogue, puis le Pajero sous la conduite de Louis, le propriétaire du camp. Bientôt, la piste se range à proximité d'une lignée de piquets. Sur l'un deux, une pancarte signale la présence d'un pipeline. Le volant en main, les roues dans la semoule au détour d'un virage sablonneux, un voyant orange me conseille un arrêt à la prochaine station service...

Très bientôt les photos de l'épopée !

vendredi 5 février 2010

L'aurore port gentillaise

Deuxième étape. Le centre ville compte un peu plus de cinq boites de nuits. Le circuit commun obligatoire est le Galion, l’Iguane et finalement le Duponnette dès deux heures. D’aucun cite également le New Saf, l’Impérial et le Master pour varier les plaisirs.
Les lieux se ressemblent. Les comptoirs sont excessivement chers, la bière se cote à 3 000 FCFA (4,50 € les 33 cl). On y croise une barre verticale de danse idéale pour le zouk, des militaires français, des foreurs et du personnel offshore. S’y trouvent également une nuée de gabonaises de 16 à 45 ans attirées par les « blancs ». A chacune sa raison. Les unes pour l’argent, d’autres pour être bien vues des consoeurs, d’autres encore simplement « parce que cette saison, le blanc est à la mode » ! En grattant la surface, on apprend bientôt que beaucoup de ces jeunes filles sont ou ont été enceintes. Plusieurs ont un enfant à charge, confié à la sœur pendant la journée, à la mère pour la soirée, en espérant que le français revienne un jour au pays.
Autre phénomène remarquable, la boite de nuit souligne le village de Port Gentil. Quelques nuits animées et la population féminine vous reconnaît même tapi dans le coin le plus sombre de l’établissement. Une nuit arrosée et votre secrétaire vous relate précisément vos faits et gestes sans y avoir mis les pieds ! Déroutant… mais efficace pour lutter contre les black out.
Au sortir de l’endroit, un taxi nous attend pour poursuivre notre périple. Le long de la soirée, les aguichages sont fréquents sans être insistants. Et les demoiselles très conciliantes, au point d’accepter de tourner sur les pas massacrés d’un rock au son de basse d’un meringué ! Même pas fait exprès…

Pour les inconditionnels de la voiture, je rappelle que le contrôle d’alcoolémie est inexistant à Port Gentil. Toutefois, les murs restent trop souvent la mémoire du chemin somnolant du retour !

jeudi 4 février 2010

Le crépuscule port gentillais

A la demande suppliante de plusieurs, je ne peux résister à ce croquis des nuits port gentillaises :
« Il était une fois le sport olympique des expatriés Port Gentillais. »

Avec une présence importante des entreprises françaises depuis une quarantaine d’années, la ville n’a pu faire autrement que de s’adapter à cette clientèle aux exigences occidentales. Ont commencé à fleurir restaurants et bars bordant le centre ville. Qui ne s’est jamais surpris à rêver d’une bière fraîche à l’ombre d’un été éblouissant de son ciel bleu ! Puis, pour savourer le plaisir citadin jusqu’au petit matin, est venu l’heure des boites de nuits branchées.
Les règles du sport sont simples. Les bars ne servent que jusqu’à 22h. Au-delà, ils empiètent sur le chiffre d’affaires des boites de nuits. Les taxis, en balai continu jusqu’au petit matin, assurent le transfert des consommateurs entre les établissements.

Première étape. Rendez-vous à la tombée de la nuit, vers 19h, pour un covoiturage vers la scène du crime. Direction un bon resto ou seuls les tarifs sont français. Le dosage des cocktails, lui, échappe complètement à l’étalon européen ! Va donc pour un apéro.
Que ce soit dans une guinguette à crêpe ou dans le meilleur des restaurants, les plats passent systématiquement par Bordeaux pour arriver à dos de brebis à Marseille. Parfois, la commande se perd tout simplement entre l’oreille du serveur et la poêle du cuistot. Bref, les minutes s’épuisent comme les verres… et vient l’heure d’un deuxième apéro pour patienter.
Le dîner arrive enfin, accompagné d’un bon alcool importé. Le goût anesthésié par les liquides, nous jugeons les entrées à leurs coloris. Puis vient le plat. Le dessert est entre le carpaccio de fruits au rhum et la glace Colonel.
Bons clients, nous sommes finalement récompensés par un digestif au choix. Sortis ronds à 23h, nous sommes prêts pour une bonne nuit de musique et de chaleur moite !

Alternative à la première étape. Un copain de soirée vous invite, parmi une dizaine de connaissances, à dîner chez lui. Le mets de poulets aux allures de plantains, de riz et de frites se conjugue aux senteurs de Castel, de 33 ou de Regab (produit local). A la suite d’un début de brochette, et pour alimenter la conversation, l’ami d’une nuit se lève et nous montre sa collection d’alcool maison. Selon les styles, on peut admirer une vodka haribo fraise, un vieux rhum affiné, ou bien une eau de vie de tonton spécialiste.
Dès lors, le mot d’ordre est « Faut finir » ! Le naïf demandera « Quoi ? »… Le sage répondra « Tout ! » Deux bouteilles et demi plus tard, nous avons rattrapé l’état second des clients du restaurant !