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dimanche 1 janvier 2012

Ça sent le gorille !

A ce stade, l'histoire m'en rappelle une autre qui se déroula au sein du Parc National du Loango.

Mère et Tante souhaitaient profiter de ma présence au Gabon pour elles-mêmes ressentir la faune et la flore de l'Afrique Équatoriale. Bien sûr, le prétexte était de s'assurer de ma santé, de prendre poids et mesure et de m'assister pendant leur séjour.
Ne souhaitant pas les aventurer sur des terrains intrépides, j'ai choisi entre autre de découvrir buffles et éléphants à travers le très sérieux organisme Opération Loango. Durant l'escapade, notre guide accompagné d'un assistant, nous proposa une randonnée pédestre au coeur de la forêt pour tenter d'y apercevoir des animaux à l'état sauvages. Et nous voici huit occidentaux s'émerveillant devant la nature face à l'entrée d'un bois à côté duquel était garé en pleine brousse notre 4x4 de locomotion.

Parc du Loango, piste dans la brousse
Notre éco-guide descendit de l'engin pieds nus et nous présenta quelques recommandations. Instinctivement, nous nous regroupâmes autour de lui pour boire ses paroles de sage :
"Nous allons entrer dans la forêt. Il faut que nous soyons groupés, et vous me suivez. Si je marche, vous devez marcher. Si je m'arrête, vous devez vous arrêtez !"
Jusque là, nous comprenions le concept. Et, l'accent aidant, cette pédagogie enfantine surprenait nos regards amusés par la perspective d'une chasse au trésor... où plutôt à l'éléphant.
"C'est très important de faire comme je fais ! poursuivit le guide sans remarquer nos yeux rieurs. Les animaux, ça peut être très méchant. Ça tue les gens ! Quand on ne fait pas attention, on meurt !"
Les sourires venaient soudain de laisser place à une légère appréhension.
"Un jour, je promenais des gens dans la forêt. Je me suis retrouvé devant un éléphant. J'ai vu qu'il voulait charger. Alors, j'ai fait signe aux autres de reculer lentement. Mais yen a un qui ne m'a pas écouté ! Il est resté devant l'éléphant ! Je lui ai dit de se cacher derrière l'arbre. Et moi, je suis resté pour attirer l'éléphant. Doucement, j'ai reculé. Tout doucement, pour ne pas l'effrayer. J'ai regroupé les autres, et on s'est éloigné de lui.
- Et il y a eu des blessés ? s'inquiéta un touriste.
Parc du Loango, cours d'eau proche de la Lagune
- Non, il est parti ! Mais c'est méchant... et ça n'a pas peur de vous ! mystifia le guide. Alors il faut faire comme je fais."
Se dirigeant vers les premiers arbres : "Maintenant vous marchez derrière moi ! Et lui, désignant son assistant, il marche derrière vous."

Instantanément, nous composâmes la marche à la queue leu leu, singeant absolument chacun de ses gestes pour éviter à tout prix la charge d'un méchant éléphant. Nous avançâmes prudemment dans une forêt jeune, clairsemée et aérée. Nous nous étions enfoncés de vingt mètres quand l'éco-guide leva brusquement le bras. Nous stoppâmes aussitôt.
Il se retourna lentement pour nous regarder et :
"Vous sentez ? demanda-t'il avec un air de conspirateur."
Il huma l'air avec insistance. Pris entre la peur d'un danger et la magie d'être sur une piste, nous reniflâmes immédiatement toutes les senteurs. Mais la seule qui s'imposa rappelait l'humus humide sur lequel nous traînions.
"Vous sentez ? répéta-t'il une fois encore en s'adressant à nous tous."
Nous nous interrogeâmes à voix basse. Que fallait-il donc sentir ? Puis l'éco-guide chuchota : "...Ça sent le gorille !"
Parc du Loango, un éléphant d'Afrique observe discrètement
Soudain, chacun chercha l'animal des yeux à travers la haute végétation. Des têtes se levèrent. Ça monte aux arbres les gorilles ? Puis elles s'agitèrent. Il n'y a rien là-bas... Nous étions inquiets d'être tombé dans un piège du singe sans n'avoir rien repéré. Puis le guide reprit sur un ton cassant :
"Il est parti ! Il nous a entendu venir. Vous devez apprendre à marcher sans bruit !"
Surpris et déçus, nous nous consultâmes du regard pour apprendre si l'un d'entre nous l'avait vu. Puis nous repartîmes penauds en posant nos pieds avec mille précautions sur ce sol brun de feuilles et de brindilles.

La randonnée se poursuivit entre la boue et les racines sans la moindre trace d'animal. Pour seul réconfort, quelques oiseaux lancèrent leur chant au loin, très haut du sol.

samedi 17 décembre 2011

Quand tout se fait rare

La Route Économique à l'entrée de La Lopé
La Lopé, c'est un village posé au détour d'un lacet du fleuve Ogooué qui regarde les antennes de télécommunication poussées sur le mont Brazza. Le nom du relief est un hommage à l'explorateur français Pierre Savorgnan de Brazza. Tout autour de lui se dessine un paysage vallonné qui au Nord du fleuve accueille quelques cultures de manioc, et au Sud se fait le lit du Parc National de la Lopé.
A la saison des brulis, l'atmosphère trouve des tons bruns et sombres d'une végétation rase et calcinée. Les sols continuent de fumer de leurs récents incendies tandis que l'air rappelle en tout lieu les feux de camps. D'épaisses volutes grises s'élèvent dans un ciel nuageux de saison sèche qui toujours menace de se percer sans jamais verser la moindre goutte.
Les camions traversent La Lopé

Deux artères font vivre le village. La Route Économique traverse le pays d'Est en Ouest et s'appuie sur les courbes de l'Ogooué. Goudronnée de Libreville à N'Djolé, c'est une nationale de terre qu'empruntent les portes containers pour franchir la grande rue de la Lopé. L'autre voie est ferroviaire et relie cinq jours sur sept Libreville à Franceville.

 
A peine descendus du train, les familles nous abandonnèrent en prenant place dans les camionnettes qui prirent la direction du château d'eau. Le Premier conseiller nous faussa rapidement compagnie pour disparaitre auprès de collègues dans une berline aux reflets argentés. Longeant la voie nous passâmes à pied et sacs aux dos devant des échoppes en bois. Il devait faire deux heures, et le soleil diffusait sa lumière au travers des nuages sur la piste déserte.
Le mont Brazza et ses antennes
Lentement, nous arpentâmes la corde d'un virage pour découvrir des habitations, puis croiser enfin la large voie rapide empoussiérée. A ces bords se massifiait les constructions. Nous nous arrêtâmes face à un complexe en brique rouge de plein pied qui paressait soigné à proximité des planches de bois des logements mitoyens : Lopé Hôtel. Sur le terrain était aménagé une allée couverte qui reliait les bâtiments à des patios où quelques gabonais sirotaient en plein air une bière devant un écran couleur.
Assis à la terrasse, nous aperçûmes notre compagnon de voyage entouré de quelques inconnus cravatés. Nous le rejoignîmes à son signe de main. Il fit quelques pas vers nous pour s'écarter du groupe et nous présenta le maitre d'hôtel vêtu d'une chemise à manche courte. Notre enthousiasme retrouvé chuta brusquement lorsqu'il nous détailla la situation : "Désolé mes amis, il n'y a plus de place à l'hôtel." La délégation avait raflé toutes les chambres disponibles pour la semaine.

Vue du mont Brazza sur un lacet de l'Ogooué
"Mais ce n'est pas possible ! Vous me dites que vous avez réservé tout l'hôtel ? s'exclama Adrien sans laisser paraitre un instant de panique. Allez, vous avez bien une chambre que vous n'utilisez pas ?
- Non, il n'y en a pas, rétorqua immédiatement l'homme en chemisette.
- Aahh... Bon, on va être obligés d'aller voir les éco-guides pour les prochaines nuits, Vincent.
- En vérité, nous avons une chambre que je peux rendre. Un de nos collègues ne viendra pas à l'inauguration. L'hôtel peut vous la louer. Cependant, la chambre n'a qu'un seul lit, précisa le fonctionnaire."

Un flottement, un regard, une inquiétude. Puis :
"On commence à avoir l'habitude depuis Libreville. On s'en accommodera ! conclut Adrien"

Pas le temps de discuter du prix, un employé vint nous conduire jusqu'à la chambre. Les ouvertures fermées, l'intérieur du bâtiment conservait une fraicheur relative à cette heure du jour. J'avançais à tâtons sur les mosaïques de ce couloir sombres. Mes yeux s'habituèrent lentement à la pénombre rendue par ces murs de briques nues. Face à la porte entrouverte de notre chambre, le préposé s'éclipsa sans un mot tandis que nous découvrîmes le lit. J'échangeai un sourire à Adrien, il était plus large qu'à notre première nuit.

Sur la gauche, un passage donnait sur une pièce de toilette. Un lavabo, un toilette, pas de douche !
"Adrien, fais attention au seau demain matin, lançait-je à travers la chambre.
- Un seau ? Bah, la femme de ménage l'a oublié là."
Cherchant à me rafraichir, je tournai le robinet pour m'asperger le visage et la nuque.
"Adrien, je viens de comprendre à quoi sert le seau ! Je te laisse la surprise, mais j'espère que tu n'as pas prévu de te laver tout de suite ! ironisai-je."
Il entra pour fouiller la pièce du regard, puis s'arrêta sur le fin filet qui goutta du robinet jusqu'au creux de mes mains en coupelle. La Direction de l'hôtel avait eu la gentillesse de nous laisser le seau rempli d'eau le temps que le château d'eau du village soit remis en état.
"Mais pour la douche, comment on fait ? m'inquiétai-je.
- J'en ai vu sur le palier. Moi la douche froide, ça ne me dérange pas ! annonça-t-il bravement.
- Et la douche rationnée à cinq litres, ça te dérange ?
- Ne t'en fais pas mon petit Vincent, ya plus grave dans la vie !"
Même si je trouvai sa dernière remarque dérisoire et moqueuse, elle me réconforta. Nous triâmes nos affaires sur le lit pour n'emporter que casquette, lunette de soleil, en cas, appareil photo. L'heure était à notre première excursion.

Sortis du bâtiment nous attendîmes de voir réapparaitre le maitre d'hôtel pour l'interroger sur nos deux problèmes existentiels. Il nous répondit qu'une navette partait régulièrement de Lopé Hôtel pour atteindre l'Hôtel La Lopé, le lodge touristique à deux kilomètres du village, d'où partait toutes les excursions vers le Parc National. Enfin, le château allait très vite être réparé.

dimanche 11 décembre 2011

Une main tendue

Gare d'Owendo par Vincent Vaquin (Wikipédia)
Nous sortîmes nos sacs du taxi pour nous avancer parmi la foule désorganisée qui occupait le hall de la petite gare d'Owendo. En avance sur l'horaire incertain du train, nous fumes pressés par plusieurs pour rapidement enregistrer nos bagages. Nous refusâmes d'acheter les braves intentions pour nous faufiler entre les familles. Le flux nous entraina, impuissants, face à un guichet protégé par du grillage au jaune tâché. Une grille aux tarifs périmés affichée au mur provoquait des exclamations autour de nous.

Vingt longues minutes tassés et bousculés par la cohue, je ne fus pas certain de mon tour en présentant mon sac au travers de la nuée de bagages portés par leur propriétaire qui espérait enfin se débarrasser de leurs cartons, leurs sacs de toile, leurs affaires de cuisine... enfin tout ça, dans le wagon-soute. A y regarder, nous étions seuls à voyager sacs de randonneur dans le dos. La réponse de l'employé fut d'ailleurs très clair : "Il ne faut pas les donner", nous les prendrions en cabine avec nous !

Après ce bain de familles gabonaises, nous nous éloignâmes pour petit-déjeuner dans une des boutiques jouxtant les guichets. Le souvenir des sandwichs viande hachée m'était encore pénible. Pas de risque pour notre périple, nous primes des gaufres cuites. Sur la fin de mon café, les haut-parleurs grésillèrent l'annonce d'un retard. Nous découvrîmes notre cabine vers dix heures moins dix. Les sacs reposaient sur les deux sièges inoccupés face à nous. Et roule pour La Lopé...

Le train s'ébranla et nous sentîmes rapidement le souffle glacial de la climatisation. La rame traversa les stations des abords de Libreville, puis les arrêts se firent bien plus rares à mesure que la végétation reprit place sur les constructions précaires.
C'était donc vrai, la première classe de ce pays équatorial est givrante. Une sensation oubliée me gelait les pieds, m'engourdissait les jambes. Rien n'y fit, ni de frotter les mains, ni de battre la mesure. Alors je franchis le couloir pour respirer l'air chaud et humide de la plateforme et observer le teint jaune-ocre des paysages. Adrien décida d'en capturer quelques-uns à soixante kilomètres heure.
Le chemin du retour m'appris que nous étions dans un train Alstom utilisé sur les lignes TER de la SNCF. La carte des chemins de fer français palissait de soleil sur la cloison des toilettes. Clin d’œil des forts liens franco-gabonais.

par Jean-Louis Albert
Te souviens-tu, Adrien, de cet aimable personnage qui nous rejoignit dans notre compartiment ? Il m'apparut tout d'abord ambigu avec une pointe de surréalisme amusant. Il se présenta comme Premier Conseiller du cabinet du Ministre de la Culture. Il s'apprêtait à inaugurer une école dans la région de l'Ogooué-Ivindo et s'empressa de nous tendre sa carte de visite dorée estampillée du blason du gouvernement. Tu dois te souvenir de son nom, Adrien. Comme nous, il entreprenait ce voyage vers La Lopé où les principaux représentants de la province l'attendaient.

Un kilomètre avant La Lopé
A discuter fièrement du niveau de l'Education du Gabon entre deux coups de fils, il paraissait détendu et confiant en toute situation, mais aussi inquiet de l'image de son pays. Pouvoir se fier à quelqu'un sans craindre demande de rémunération ne nous était arrivé que trop rarement durant notre expérience africaine. Prudemment, nous dévoilâmes notre projet de découvrir les grandes facettes des parcs naturels gabonais. J'avais réservé trois nuits au Lodge de La Lopé. Cependant, nous espérions trouver des alternatives bien moins onéreuses sur place. Les cent soixante mille francs CFA pesaient sur le budget de notre voyage et pouvait nous priver d'excursions bouleversantes. Je lui évoquai les possibilités que nous avions. A savoir un hôtel plus basique ou un hébergement rudimentaire chez les Guides et Eco-gardes du Parc National.
Le long du fleuve Ogooué
Il décida de contacter son collègue local pour nous obtenir une chambre à trente mille la nuit. Au détour d'une courbe de l'Ogooué, l'appel n'aboutit pas. Certainement un trou dans le réseau téléphonique.
Adrien orienta la conversation dans un but avoué de confondre le personnage : "Mais en fait, c'est quoi votre métier ? Je veux dire, qu'est-ce que vous faites comme travail au quotidien ?" Des piques dangereuses face au paraitre gabonais, mais effroyablement efficaces !


En début d'après-midi, le train quitta un instant les rives du fleuve, traversa la Route Economique, et stoppa en gare de La Lopé.

mardi 15 novembre 2011

De Libreville à Owendo

La chambre d'hôtel avait été payée d'avance. Elle était désespérante. Ses papiers peints sombres et cloqués étaient depuis longtemps passés de mode. L'ampoule à filament diffusait faiblement son éclat sur l'unique lit qui, avec une penderie mobile en acier dessoudé, meublait tant bien que mal l'étroite pièce. Nos bagages avaient été déposés dans un coin.
Alors que je choisis le côté gauche pour la nuit, Adrien découvrit la salle de bain. Avec elle se poursuivait cette sensation de temps qui passe, de pourrissement de la matière. Le lavabo ne tenait plus que par une évacuation malmenée. La robinetterie montrait ses entrailles qui débordaient des murs.
Je soulevai avec crainte les draps de peur d'y trouver un monstre de mes cauchemars d'enfance, ou plus probablement des puces. Puis je roulai au creux de la cuvette de notre matelas hors d'âge. La nuit était calme, éclairée par les lueurs de la rue. Une nuit sur Libreville, c'était peu, mais déjà tellement différent !

Nos affaires empaquetées dans les sacs de voyage, j'eus un réflexe de survie au sortir de l'hôtel. Allongeant le pas jusqu'à la réception, j'insistai pour payer d'avance une nuit à notre retour d'excursion. Penché au dessus du comptoir, je guettai les yeux rivés sur le cahier de réservation la prose de la tenancière associant nos noms à la chambre Dauphin. Soulagés d'éviter la cruauté d'une nuit d'errance dans Libreville, nous partîmes en taxi pour la gare d'Owendo, au Sud de la capitale. Le vieux modèle se faufila à travers les ruelles encombrées de passants jusqu'à l'avenue du M'Bolo qu'il remonta rapidement vers la voie rapide périphérique.

Changement de décors. Après de solides immeubles de deux à trois étages aux façades claires et soignées apparaissaient de chiches habitations en parpaings. Jouxtant l'autoroute, poussiéreuses, désorganisées et insalubres, ces constructions de fortune ne dépassaient que rarement la taille d'une chambre d'étudiant. A mesure que nous parcourûmes la quinzaine de kilomètres qui nous séparèrent encore de la gare, des planches gagnaient du terrain sur les murs de pierre qui rapetissaient. La tôle laissait place au bois. Mais toujours l'on observait des cadavres de voitures, de congélateur et de débris sur ces espaces où séchaient invariablement vêtements et nourritures. Tels des champignons, les constructions s'improvisaient sur des flancs pentues à la stabilité incertaine. Et toujours elles bravaient la proximité de ce boulevard, rognant parfois sur la bande d'arrêt d'urgence sur laquelle les voitures parquées s'entassaient.

Le taxi poursuivit sa course, dépassant des quartiers de vie qui émergèrent le long d'une bretelle où les étales se serraient pour proposer la bière et les grillades au bruit de la circulation. Il quitta enfin le périphérique pour stationner à proximité du parking de la gare d'Owendo.

vendredi 23 juillet 2010

Trois jours !

Vingt-quatre heures de travail me séparent encore du terme de ma mission au Gabon. Le moment est aux préparatifs de départ, le nez entre les cartons et la tête au vide-grenier. Et après ? Le professionnel est au flou habituel. Pour le reste, rendez-vous à la mi-Août !
Quelques souvenirs. Des masques à touristes, un peu de batiks, et un paquet d'images en mémoire de la faune et flore de l'équateur.

Après six mois dans l'entreprise, j'ai enfin compris ce qu'on y fabrique. Alors, je vous explique en trois images.


D'abord on extrait du pétrole. C'est pas facile, alors on a tout un tas de Départements pour s'en occuper.

Ensuite on le met dans des bateaux pour le vendre à l'étranger.

Et avec l'argent qu'on récupère, on s'amuse !

dimanche 13 juin 2010

2 semaines de plein air

Brièvement quelques photos de mes vacances sur la Côte Ouest ! Non, ce ne sont pas les Etats-Unis, mais ça vaut le détour. Quant à le refaire... nous avons passé beaucoup de temps à être transportés ! La pirogue, le 4x4 et le bateau deviennent intenables après deux heures sagement tassés sur nos sièges.


Tout d'abord un séjour autour d'Omboue et de son embouchure

Puis une sortie 4x4 pour le bord de mer, à Akouri

Enfin un aperçu de la faune d'Afrique de l'Ouest à Nyonie

Et bien sûr, l'album complet sur Picasa

mardi 1 juin 2010

La devise

A l'instant où m'est apparu le slogan du Gabon, "Union, Travail, Justice", j'ai cru en une ambition certes lointaine mais atteignable. Aujourd'hui, j'ai revu les objectifs à la baisse. A entendre les rumeurs des uns et partager les expériences des autres, c'est à peine si ces valeurs pourraient avoir cours le 1er avril !

L'union, mon gardien gabonais m'en sert une tirade tous les deux soirs. Soulignant, à chaque morceau choisi, l'esprit du chacun pour soi qui semble vouloir régner ad vitam eternam parmi la population. En témoigne la très répandue expression "Le Noir n'aime pas voir son frère évoluer !" servie à toutes les sauces dès qu'une entreprise gabonaise coule. La réalité en devient déprimante ; autant en France on espère la croissance d'une start-up, autant au Gabon on est sûr de sa faillite. Il faut donner aux frères ! Tout ce que j'aperçois de mon niveau, c'est que nous ne sommes pas invités à la danse ! Expatriés, nous restons étrangers et indésirés. Nos porte-monnaie ont toutefois leurs entrées dans les cercles très populaires du "Mon Ami, donne l'Argent" !

Le travail... Je veux me persuader qu'il s'agit d'un problème de définition. En France, l'expression "être au travail" se rapproche grandement de "faire un travail". Autrement dit, produire quelque chose dans un temps imparti. Au Gabon, "travailler" c'est passer huit heures quotidiennes dans une entreprise pour toucher un salaire. Plus déroutant : il n'y a pas de notion de "client", que ce soit le particulier ou bien l'employé d'un autre service de l'entreprise. Au final, les tâches sont données pour combler le temps passé sur le lieu de travail. Alors bon, si aucune commande ne peut être rattachée à la facture, et bah tant pis, on enterre la facture dans le premier trou et on passe à une autre occupation ! Et après "M. Le Fournisseur il est méchant. Il ne nous livre plus de stylos !" P'tete juste qu'il en a marre d'attendre le paiement du millénaire précédent !

Quand à la justice, je peux uniquement baver les rumeurs dont les rues de Port-Gentil se sont imprégnées depuis depuis. Succinctement, elles rendent ceci : 1-Le Blanc a tort. 2-Quand le Blanc a raison, se référer à la règle n°1. Certains collègues sont d'ailleurs spécialistes de la chose pour limoger le plaideur lors de sa présentation sur vidéoprojecteur. Bien heureusement, dans l'enceinte de l'entreprise la couleur de peau n'a pas cours, et les nuisibles s'en prennent finalement aux expatriés comme aux locaux...

vendredi 28 mai 2010

Death Service

Aujourd'hui, je me laisse encore surprendre par la capacité du Gabon à complexifier le quotidien. Prenons, par exemple, l'achat d'un billet d'avion national. En France, je me jetais sur les comparateurs de prix en ligne. En moins d'une demi-heure, je savais quand et d'où je partais avec le prestataire le moins disant.
Au Gabon, on inverse la logique. L'important n'est pas le prix du vol mais le temps passé à l'attendre. Puis, le billet trouvé, inutile de sortir la carte bleue ! Vous ne pensez tout de même pas payer en ligne ! Et par carte par dessus tout ! Oh, mon ami...

En fin d'après-midi, me voilà parti pour l'agence d'Air Service en centre ville. Passant la porte protégée de barreaux aux couleurs de l'entreprise (orange et bleu), je fais face à une vaste pièce immaculée conception. Au fond, deux personnes sont dédiées aux réservations des vols. A leur gauche, la femme s'affaire à la Caisse. Celle-là reconstitue impeccablement la gardienne dans sa prison. Je prends un siège et, accoudé à la longue table blanche transversale, passe commande d'un vol Libreville Port-Gentil. Entre deux interpellations de ma voisine en passe de négocier les tarifs, mon interlocuteur trouve finalement le temps d'imprimer ma réservation. Reste le maton dans sa cage.
Une pancarte bouche l'orifice découpé dans la vitre pour le passage de l'argent : "Caisse fermée". Derrière, impassible, la femme compte et recompte des tas de billets. Un oeil à ma montre et c'est la fin de journée. Ah non, elle ne va pas me faire ce coup-là. Je suis le dernier client. Eh bien désolé, mais ça arrive ! Promesse de Vincent, je ne sors pas d'ici sans mon billet !
Et je poireaute devant la vitre... ah non, là tu as fait une erreur, recompte. Et voilà, je te l'avais pensé ! Bon, combien ils sont, les tas ? Tiens, je vais faire le mien bien en évidence devant toi ! Deux vols à 150 000 FCFA par coupures de 10 000. C'est vraiment une monnaie à la con !
Après cinq minutes, elle me prend mon tas qu'elle recompte également pour le ranger à côté de ses congénères. J'obtiens finalement le tampon libérateur qui m'offre aussitôt le Graal de ma quête : ma convocation pour l'aéroport.

Deux semaines plus tard, j'ai de nouveau un besoin pressant de kérosène. Rebelotte, me revoilà chez Air Service. Comme à l'accoutumée, tout se déroule à la perfection gabonaise jusqu'à la Caisse.
Je m'assoie impatient dans l'attente de la préposée qui cache sa boucle d'oreille téléphonique derrière la porte de service. Quelques sauts d'aiguilles plus tard, elle se traine jusque dans son enclos. Je m'approche pour payer mes 163 600 FCFA. L'enveloppe qu'elle recompte, lasse, pèse 165 000 FCFA. Après un moment, elle lève le regard, et complètement désinvolte :
"J'ai pas la monnaie.
- Ah, et il vous faut combien ?
- 600.
- Bah non, après une brève fouille de mon porte-monnaie."
Son regard vide fixé sur moi, je tente une échappatoire :
"Vous avez une solution ?
- Je ne sais pas.
- Faites un geste commercial : une réduction de 600 !
- Je ne peux pas.
- Et vos collègues, ils ont de la monnaie !
- C'est pas la Caisse."
Non Vincent, tu ne cèderas pas ! Je reste face, droit comme un I à la dévisager. Elle, sans expression, ne bouge pas.
Finalement, c'est un collègue qui craque. Voyant la situation sans issue, il se lève de son poste, prends le billet et quitte l'agence. Deux minutes plus tard, la porte s'ouvre sur une liasse de petites coupures !

lundi 24 mai 2010

Changement d'ambiance

La gérance des appartements m'a mis la main dessus en pleines vacances alors que je glanais entre plage et marché de Port Gentil. Mes pensées tourbillonnaient quant au jour de départ de la prochaine navette fluviale pour la capitale. Mais la femme m'a recentré vers un sujet plus immédiat.
"Vous déménagez, on refait votre studio. En attendant vous habitez un appartement.
- Très bien, lundi prochain alors !
- Non, nous sommes déjà en retard. Je vous cours après depuis trois jours. Vous ne répondiez pas au bureau.
- Ah, comment vous dire... je suis en vacances. On remet ça à la semaine prochaine !
- Il faut que vous bougiez maintenant !"
Bref... bon gré mal gré, me voici dans un palace de 180 m². La cuisine seule fait la taille de mon studio jovacien ! L'habitat est tellement vaste que chaque soir est l'expérience d'une nouvelle chambre annexée de sa salle de bain bleu, rose ou jaune. A y penser, la tente doit s'insérer sans difficulté dans la largeur du couloir. Allez, quelques mots pour la description : immense bien sûr, immoral et opulent quant aux conditions de vie du pays. Inutile aussi ?
Face aux maisonnettes aux quatre murs de contreplaqués, l'appartement marque davantage la séparation entre expatriés et locaux. On en vient à oublier volontairement le pays d'accueil. Finalement, un appartement, un Casino et une plage; de quoi en contenter beaucoup ! Malheureusement je suis curieux...

mercredi 21 avril 2010

La Terre et l'Eau d'Ozouri

Et voici quelques grains de sable de notre aventure mécanisée poussiéreuse ! Malgré une soirée en face d'un Louis déprimé (déprimant ?), la ballade m'a arraché à la trop restreinte ville. Une bouffée d'air frais et une embouchure de fleuve lisse à me rappeler les plans d'eau nichés parmi les dénivelés alpins. Il n'a manqué qu'un aviron de quelques rameurs... un peu nostalgique !

J'attends impatiemment de surprendre les animaux de la presqu'île. Hippopotames, éléphants, gazelles. Des noms de zoo désormais à quelques coups de volant des aurores de Port-Gentil.

A quand la prochaine, Madame ?

Plus de grains de sable !

mardi 13 avril 2010

L'heure gabonaise

Au Gabon, l'heure n'existe pas ! C'est bien simple, elle est restée la notion abstraite importée par les européens et cultivée à grand soin par les administrations qui ne se privent pas de vous rappelez que 15h15, on ferme Monsieur Vincent. Mais prenons la vie quotidienne. Quand on lui demande une description brève de ses quelques mois passé en France, immanquablement le gabonais répond "les gens sont toujours en retard, ils ont toujours à faire" ! Ce n'est pas une moquerie. Pour le local, il est impensable de dépendre d'une montre, de prendre plusieurs rendez-vous dans la journée, de tenir un agenda au clair.
Un évènement est programmé. Très bien, quoiqu'en dise l'affiche ce sera pour la journée entière. Et moi de passer pour un zombie à juger qu'il se finira à 10h pile, pour ensuite enchainer sur un petit déjeuner au Diodon's, et finalement être à l'heure lavé et changé pour le déjeuner grillé sur le sable fin.
Partant de cet axiome, tous les horaires indiqués sur les prospectus sont faux ! Sauf... la fin de la journée de travail. Mais sans activité port-gentillaise, que voulez-vous faire ensuite ? Restez assis sur le parpaing au bord de la route à congosser jusqu'à la nuit tombée sans vous préoccuper de l'heure ? Ou bien, pour les expatriés, serrer les rangs devant le zinc, le regard tourné vers le dernier match Paris-Marseille ?
De là les incompréhensions au travail. Dans un pays où l'unité de temps est la journée, où l'on arrive par "le train de mardi", comment comprendre qu'un dossier urgent doit partir "dans la minute" ! Aujourd'hui, demain, au final c'est pareil !
Qui s'étonne encore des retardataires de la demi-heure aux rendez-vous ?

mercredi 7 avril 2010

Tour Operator

Nagy Tour Operator vous propose deux semaines de rêve au Gabon !
pour 652,50 €

Semaine 1 : Visite de Lambaréné et sa région
Semaine 2 : Plage et soleil


Mardi, Libreville (1) - Arrivée par avion à 17h
Diner au Mississipi, restaurant aux spécialités locales marines (poisson braisé, crevette...)
Hébergement : Hôtel Tropicana (73 15 31) avec vue sur la mer
Coût de la journée : 33 €

Mercredi, Libreville (1) - Pointe Denis et Train pour Ndjolé (2)
Visite de la Pointe Denis, en face de l'Estuaire. Le trajet de 15 minutes s'effectue en pirogue depuis Libreville
Repas sur place, entouré de plage et de mer.
Retour à Libreville et diner dans un maquis (grillades de poisson, brochettes)
Départ à 20h35 de la gare Owendo de Libreville. Le premier arrêt est Ndjolé
Hébergement : Hôtel Papaye (59 33 15)
Coût de la journée : 102,75 €

Jeudi, Ndjolé (2) - Visite des alentours
Activité : L'île Samory Touré, La Montagne Léon Mba, La Mission Saint Michel de Njdolé, Mise à l'eau des billes de bois (prévoir un pique-nique)
Hébergement : Hôtel Papaye (59 33 15)
Coût de la journée : 47,25 €

Vendredi, Lambaréné (3) - Visite de l'Hôpital du Dr. Schweitzer
Départ matinal en pirogue pour Lambaréné. Le trajet dure 150 km
Visite de l'Hôpital du docteur Schweitzer, Mission Saint-François-Xavier, Le marché, le Quartier Isaac
Hébergement : La maison d'Hôte Isaac (07 46 88 48)
Coût de la journée : 72 €

Samedi, Lambaréné (3) - Excursion sur le lac Evaro
Départ en pirogue pour le lac Evaro, la faune et la flore (prévoir un pique-nique)
Hébergement : La maison d'Hôte Isaac (07 46 88 48)
Coût de la journée : 75 €

Dimanche, Port Gentil (4) - Journée Plage
Départ matinal en pirogue Sonaga pour Port Gentil. Le trajet dure 4h
Hébergement : Concession Cité Akosso
Coût de la journée : 45 €

Lundi, Port Gentil (4) - Détente au Relais Bleu
Départ en fin de matinée au Relais Bleu. Traversée en pirogue de 5 minutes
Repas sur place au milieu de la plage, vue sur la baie de Port Gentil
Hébergement : Concession Cité Akosso
Coût de la journée : 34,50 €

Mardi - Jeudi, Port Gentil (4) - Marché, plage, détente
Hébergement : Concession Cité Akosso
Coût de la journée : 27 €

Vendredi, Libreville (5) - Visite des grand marché et marché artisanal
Départ avec la marée vers Libreville en bateau Sonaga. Le trajet dure 4h
Immersion dans le marché de Libreville et course aux souvenirs dans le marché artisanal
Hébergement : Hôtel Tropicana (73 15 31)
Coût de la journée : 70,50 €

Samedi, Libreville (5) - Visite du domaine de Mme. Fernande
Excursion au abord de la ville, dans le domaine de Mme. Fernande
Visite du parc ornithorynque d'Akanga
Hébergement : Hôtel Tropicana (73 15 31)
Coût de la journée : 46,50 €

Dimanche, Libreville (5) - Visite du Quartier Louis, Retour à l'aéroport
Visite des différents quartier de Libreville. Le Quartier Louis (ou quartier riche), le quartier populaire Lalala
Rassemblement des paquets pour un trajet sur l'aéroport à 20h40
Coût de la journée : 45 €

lundi 5 avril 2010

Vivre avec la SEEG

Période de crise. Le Gabon est branché sur courant intermittent depuis deux semaines. L'Union, le journal officiel, vient d'annoncer la venue d'équipes américaines pour fiabiliser la turbine à gaz de Port Gentil. En conséquence, le journaliste prévoit des interruptions de services pour tout le WE de Pâques. (Pour l'ensemble du tissus économique gabonais, la notion de "service" au sens européen n'a pas encore réellement percée).
D'après les taxis, la SEEG, Société d'Energie et d'Eau du Gabon, semble procéder par secteur pour rétablir le courant. Pour vous mettre dans l'ambiance, une coupure de courant, c'est 4 heures en plein après-midi, sans frigo et sans clim'. Imaginez les conséquences sur les supermarchés, les restaurants et tout le secteur industriel !
Tractafric, revendeur de groupes électrogènes Caterpilar, est très content !

En partenariat avec Veolia Eau, la SEEG est également chargée de l'approvisionnement de la ville... Je fais parti des rares personnes qui ont pu voir ce matin le miracle de l'eau au bout de ma pomme de douche.

Dans le même temps, le coût de l'énergie ne cesse d'augmenter. Une facture mensuelle, qui l'année dernière s'estimait à 20 000 (30 €) pour les plus modestes du Quartier, côtoie aujourd'hui les 30 000 (45 €). Le SMIC, lui, n'a pas bougé des 80 000 (120 €) malgré l'annonce fin janvier de son doublement. Pour info, les gabonais paie l'électricité comme le téléphone mobile : une carte pleine d'unités est insérée dans le compteur. D'où les queues hebdomadaires nocturnes au point de vente de ces cartes.

A la question "Quand est-ce que vous faites la révolution ?", mon gardien répond "Mais c'est comme ça ! C'est la vie-oh !"

Je vous laisse, je pars faire mon footing jusqu'au Score. Mon stock d'eau potable diminue !

mercredi 10 mars 2010

Anecdote de la vie quotidienne

Durant mon bref séjour sur Libreville pour obtenir ma carte de séjour, j’en avais profité pour acheter du tissu aux couleurs locales dans le marché artisanal. En fait de tissu gabonais qui n’existe pas, j’avais pris un imprimé sénégalais dans les tons jaune ocre de fabrication industrielle, comme l’avait attesté l’étiquette bleue collante de la marque ajustée à l’un bord.

C’est en revenant dans mon appartement que j’ai véritablement trouvé quoi en faire : un rideau ! Le ton vif allait rendre quelque peu chaleureux mes murs alors uniformément blancs sanitaire.
J’ai présenté mon projet à un tailleur du marché de Port Gentil qui m’avait été recommandé pour des travaux simples (évitons les chemises cintrées !) Lui confiant le tissu, il s’est débrouillé pour dénicher un système d’accrochage peu onéreux et adapté à ma tringle nue.
Revenu une semaine plus tard, il m’a présenté son travail : exactement ce que je lui avais baragouiné entre deux mots et trois dessins. Le bonhomme est parfaitement recommandable !

Après quelques retouches de longueurs pour finalement obtenir les dimensions pointilleusement exactes de ma baie vitrée, j’installe ce cadeau que je me suis offert ! Tout colle, les crochets accouplés à mon rail de guidage remplissent leur rôle à merveille !
L’émotion soudaine qui découle de cette entreprise de bidouille il y a peu incertaine, et désormais achevée, me fait asseoir l’instant de la contemplation d’un rideau animé par des ombres végétales qui jouent sur les motifs exotiques. Il y a là du jaune, du marron, des touches de rouges, le vert extérieur, une note de bleu… Ah bah oui ! Il est tellement doué qu’il m’a cousu l’étiquette adhésive !


samedi 6 mars 2010

Ca secoue dans les chaumières

Cette nuit, Orage ! Le genre à se croire en pleine guerre, la tête dans le fût, les oreilles collés aux parois à chaque flash qui illumine violemment les murs à travers l’interstice des volets clos ! Par moment, quelques effets stroboscopiques rappelle une cheminée tout feu tout flamme dont mon palier s’égayait à jouer l’antre. Les murs tremblants, je finis par fermer l’œil.

Brusquement l’obus éclate sous ma fenêtre dans un étincelant fracas ! Réveil en sursaut. Pas longtemps, l’armée bat en retraite, et bientôt de la météo contrariée il ne reste que les spasmes incandescents qui faiblissent.

Réveillé au petit matin par les premiers rayons de soleil, je tends un œil mou vers mon réveil à piles. 04 :32. Non, attendez, c’est bien trop tôt pour faire jour ! C’est quoi se binz ? Je glisse sur le carrelage et rampe vers la douche, passant au nez de climatiseur muet. L’interrupteur singe ma fulgurance matinale : pas de lumière ! Ya vraiment des trucs pas clairs ce matin ! Je fais un crochet par la cuisine et tâtonne sur les touches musicales du tableau électrique. Je relève le directeur et deux adjoints. Bien sûr, ils n’ont pas de nom pour distinguer leur fonction ! Poser négligemment sur la table du salon, l’heure de mon mobile me donne 7h34. Mon fauteuil d’entreprise attend mon popotin depuis déjà quatre minutes.

Le soir venu, home sweet home ! Je passe une jambe dans la chambre et, Quelle horreur, elle est aussi chaude que les allées biscuits du Casino ! Déjà qu’elle n’était pas isolée, si en plus mon climatiseur se contente de brasser l’air, je vais passer une nuit torride ! Pour équilibrer la perte, je pousse celui du salon au maximum. Un pull apprêté pour mon confort, je prévois un dîner à la fraîcheur nocturne. Mais non ! Tout comme le dragon épuise son feu et meurt, mon climatiseur offre actuellement ses derniers soupirs glacés
Je fais le tour des installations pour relever d’autres éventuelles dommages : je passe à la cuisine vérifier la salle des serveurs !


Sur la plaquette de bois, à la verticale de la gazinière, repose le nœud informatique des huit logements de plein pied de la Concession. Deux modems ADSL, un routeur, un point Wifi et une alimentation de secours en cas de coupure de courant baignent dans l’atmosphère surchauffée de ma cuisine à température extérieure. Le pratique de la chose, c’est que ça m’amuse de voir clignoter les loupiotes alors que mon steak porté au feu suinte l’huile dans la poêle fumante ! Dans cette ville de tous les kongossas (= rumeurs), je pourrais même dénoncer mon voisin numéro 8 qui suce la bande passante comme un bébé goulûment son sein maternel !
Pourtant ce soir le sapin ne brille pas des masses. Yen a un là-haut qui a dû se prendre une châtaigne de la Grosse Bertha la veille. Mais je préfère ne pas toucher. Je leur en fais déjà assez voir avec mes grillades de poissons !

samedi 27 février 2010

Parole parole

Pour supporter le Gabon, le touriste doit afficher la bonne humeur, fumer une constante zénitude et s'essorer de toute impulsion nerveuse. Chaque nouveau jour est un challenge !
Mettons-nous en situation. Aujourd'hui, j'attends comme de coutume une entreprise pour la réparation de mon volet roulant en plastique. Pour une raison que la morale réprouve (ainsi que mon n+2... devenu cette semaine mon n+3 ! Les informations hiérarchiques publiées sur ma toute récente fiche de poste m'ont automatiquement rabaissé d'un étage pyramidal !), il est sorti des rails de guidages qui encadrent ma baie vitrée. Pour conclure mon introduction, sachez qu'une première entreprise a répondu présente, mis une journée pour me remettre trois lattes d'aplomb à sept personnes, et, 15h30 sonnante, est partie les escabeaux sous le bras en me laissant béant le coffre protégeant le tambour !
Depuis deux semaines, j'attends, naïfs, que les gus se décident à revenir me clouer deux planches qui se prélassent tranquillement au soleil, adossées contre mon mur ! Dans ces occasions, il faut être cool ! C'est finalement une autre société qui vient de me délivrer du supplice... allez comprendre !

Ces soucis écartés, il y a bien une chose que j'adore ici : la facilité de discuter ! Surtout dans les taxis...
Le taximan qui me détaille ses frais. Maugréant contre le coût annuel de la licence (environ un million) et évaluant son salaire mensuel à 80 000. "C'est pour ça qu'on conduit le dimanche ! Si c'est une bonne journée, j'ai 15 000. L'essence, c'est 5 000. Et puis après ya les taxes... Il reste pas grand chose, hé ! 3 ou 4 000." Ce qui nous fait 6 euros par jour ! "Ah, c'est là que je descends. Juste au tournant. Voilà 500, allez bonne soirée !"

Un autre taxi, plus tard dans la nuit. Sa passagère à la place du mort vient de "prendre la route". Moi à l'arrière. Le chauffeur :
"Hé, les jeunes comme ça faut leur apprendre à travailler ! Regarde, elle me dit que je sais pas où la déposer... je connais pas la route ! Oh seigneur, mais c'est elle qui conduit ou c'est moi ! C'est elle qui veut conduire, là, assise à côté de moi ! Ah non, la jeunesse comme ça, ça ne va pas hé !"

Et ça marche partout ! Il suffit juste de sortir un truc banal :
"Et bah dis donc, vous allez toutes les boire ces cannettes, lancé-je ?
- Ca ? ha non, c'est pour l'organisation du Cross, ce week-end.
- Et c'est qui qui vous distribue toutes ces caisses ? Je serais intéressé par une commande en gros.
- C'est un sponsor !
- Vous avez les contacts ?
- Là, c'est Red Bull qui veut avoir son image sur le circuit.
- Vous êtes sûr que c'est bon pour les coureurs ça ?
- Ah non... mais on donne à l'arrivée !
- C'est plus sûr. Si c'était au départ, les coureurs vont tous tomber après trois kilomètre.
- Pfff oui, surtout les gens qu'ont pas l'habitude. Yen a plein, hé ! Pas les juniors, parce que eux ils courent hein !
- Ah oui, c'est plutôt leur père qui n'arrive plus à galoper derrière !
- Hé hé, ha non ! Alors on leur donne ça, et là mon ami, ils décollent !
- Ouai, mais pas comme l'année dernière ! Si les gens s'écroulent pendant le tour, c'est pas propre !
- Hé, pourquoi ils s'écroulent ! Il manque le mental ! Voilà pourquoi. Moi quand je coure, j'ai mal aux jambes, mais je me dis "faut que je tienne". Demain, yen a qui vont se dire juste après le départ "Mais qu'est-ce que je fiche là !"
- Oui je connais... après, ils regardent les autres et ils se disent "Ben s'ils continuent, je continue... mais pas longtemps alors !"
- Ouai voilà. Après tu les vois à l'arrivée. Ils suent, ils sont fatigués, ils voient plus clairs là ! C'est les femmes qui vont pas être contentes !
- Ca va être un vrai spectacle demain matin ! Bon je te laisse, j'ai à faire !"

vendredi 19 février 2010

Monsieur le Président

Ca y est, je suis célèbre ! Je savais bien que ces années d'études finiraient par me mener au sommet, reconnu par les plus grands de ce monde... (et les petits aussi ?). Désormais doté de mes entrées au Gouvernement, vous pouvez m'appeler Seigneur !
Bon, c'est en pleine semaine, faut prendre l'avion la veille, et repartir le lendemain pour s'y rendre... Mais la carte est jolie (surtout à penser que les autres ne l'ont pas reçu) !

lundi 15 février 2010

Invitation en équateur !

Profitez de ma présence au Gabon pour vous évader en Golfe de Guinée découvrir un des nombreux visages du continent africain !

Vous rêvez de soleil, de chaleur et d'exotisme ? Vous recherchez des paysages cartes postales vierges de touristes ? Laissez-vous séduire par l'atmosphère gabonaise, dépaysement assuré ! L'agence de voyage Mistral affiche une présentation alléchante des activités du pays : http://ecotourisme-gabon.com/

Au programme, excursions au sein des 13 parcs nationaux couvrant plus de 11% du territoire gabonais, visite des principales villes du pays (Libreville, Franceville, Lambaréné), séjour à São Tomé et Principe. J'ai également récupéré de collègues des échappées de 3-4 jours en brousse.

Quelques adresses pour vous faire rêver :
http://www.sao-tome.st/ (l'île de São Tomé au large du Gabon)
http://www.lepratiquedugabon.com/ (le Pratique du Gabon... guide du routard indispensable !)


Vous êtes partant ? Prévenez-moi ! Je vous guiderai pour les aspects pratiques. L'agence de voyages est à deux pas du Casino. Je passerai les embêter à mon prochain ravitaillement en eau de source !

Au plaisir de vous retrouver sur l'autre continent !

mardi 9 février 2010

Permis bateau

Au fait, je viens de décrocher mon permis bateau. C'est le permis gabonais, soit ! Mais permis quand même, et francisable à souhait !
Je vous raconte comment les épreuves se sont déroulées. Nous étions une dizaine à nous être présentés ce samedi matin au lycée d'Etat de Port Gentil. Au-dessus de l'entrée tonnait la maxime "Honte à celui qui ne fait pas mieux que son père". Les couloirs extérieurs rectilignes sur 300 mètres bordent des bâtiments construits de plein pied. Les salles de classe sont jouxtées les unes aux autres. Leur plafond en V laisse deviner la charpente du toit. L'air circule par des persiennes bleues crevant d'un côté de l'autre les murs blancs et chauds de 8h.
A 8h30, nous voilà redevenus enfants. Tables et chaises sont une même structure de bois brut, salie par le correcteur et le stylo des écoliers, gravée par l'élève, et usée par le temps poussiéreux de la cours à la verdure incomplète sur la terre rouge de Port Gentil. Après vérification des identités, l'examinateur nous sermonne les instructions. Plus de trois fautes sur vingt au questionnaire théorique... vous êtes ajourné ! Les trois feuilles de l'épreuve écrite nous sont distribuées, puis les errata détaillés. En fin d'examen, les candidats ont déserté la salle laissée à la correction des examinateurs.
Nous sommes rappelés peu après pour recevoir un à un notre note. Deux d'entre nous ont passé la limite des trois erreurs. Cependant, sur décision du jury, nous sommes tous reçus à l'examen et sommes "admissibles" pour l'épreuve pratique. Direction le nouveau port, face au Café du Wharf.
Nous sommes 14 sur le bateau. Les dix candidats, les deux examinateurs de la Marine Marchande de Libreville, le capitaine et un marin. Nous croisons à quelques dizaines de mètres d'un rig de forage pillé, incendié puis abandonné à la vue de la côte depuis les années 1990. Plus loin, cinq de ses compères sont stationnés dans l'attente de nouveaux puits à forer.


Les deux épreuves pratiques pour chacun des participants consistent en "la prise de coffre" et "l'homme à la mer". Avec vingt minutes de cours pratique dans les pattes et les conseils insistants du capitaine, nous sortons tous vainqueurs de cette sortie au large. Un bref photo-reportage de notre instructeur venu nous encourager assure notre accueil sur le quai Sigma défoncé.
Je n'ai plus qu'à me trouver une "pirogue" pour les prochains week-end. (une pirogue, c'est un bateau bi-moteur hors-bord)

mercredi 3 février 2010

Malade comme un...

Hier, malade comme un chien !
Une tête grosse comme la noix de coco fraiche en face à face avec le fournisseur. Avec ça, impossible de tenir en place. Et pourtant, bouger le moins possible pour minimiser les crampes d'estomac.

La réunion terminée, j'ai filé chez moi à 15h30. Une très mauvaise fin de journée. Sans grande faim, la bouteille d'eau dans une main, un quartier d'orange dans l'autre, j'ai réalisé mon auto diagnostique. Par hypothèse, j'ai mangé un repas suspect ce dimanche. Le mal de crâne est intervenu entre 48 et 72 après. Je n'ai certainement pas échappé à la vague de salmonellose du moment.
Après un shoot à l'Amoxicilline et une nuit fièvreuse, j'ai finalement pu poser une option sur mon repas de ce midi !

Très bientôt la suite de mon blog.